Côte d’Ivoire-AIP / Financement des PME : le ministère de l’Économie et des Finances mise sur les données alternatives
Abidjan, 24 mars 2026 (AIP) – Le conseiller technique du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, Kouamé Gala, a souligné mardi 24 mars 2026, lors de l’ouverture d’un atelier de sensibilisation, le rôle déterminant des données alternatives pour améliorer l’accès des Petites et moyennes entreprises (PME) au financement en Côte d’Ivoire.
Selon M. Gala, ces données constituent un levier essentiel pour renforcer l’inclusion financière et faciliter l’octroi de crédits aux PME. Dans ce cadre, la Société financière internationale (IFC) a mené des études sur la notation des PME et l’exploitation des données alternatives dans l’évaluation des demandes de financement.
Ces recherches montrent l’importance d’utiliser des informations issues, entre autres, des transactions de mobile money, des paiements de factures d’électricité et d’eau, ou encore des activités commerciales numériques. « Ces données offrent une vision plus complète de la solvabilité et de la crédibilité des entreprises, fournissant aux prêteurs et aux investisseurs des éléments essentiels pour la prise de décision », a expliqué le représentant du ministre.
Cette approche s’inscrit dans un modèle d’évaluation de crédit plus holistique, permettant aux PME d’accéder plus facilement aux financements tout en améliorant la qualité des décisions de crédit.
Pour la cheffe de projets à l’IFC, Matina Deen, les données alternatives offrent « une lecture plus fidèle de l’activité économique réelle des PME ». Elles permettent d’évaluer la capacité de remboursement et la discipline financière des entreprises à partir de comportements économiques observables. Selon elle, leur intégration dans les processus de crédit peut significativement augmenter les taux d’acceptation tout en maîtrisant les risques.
Cependant, Mme Deen a rappelé que certains défis persistent en Côte d’Ivoire, notamment la qualité, la régularité et le partage des données. Même si le cadre réglementaire autorise déjà la transmission de certaines informations au Bureau d’information sur le crédit, comme Crédit Info West Africa (CIWA), son application reste inégale.
Pour surmonter ces obstacles, elle recommande « une approche écosystémique et collaborative », impliquant autorités publiques, émetteurs de données, institutions financières et acteurs techniques, afin d’assurer la sécurité, l’interopérabilité et la protection des données personnelles.
Cet atelier est organisé par le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, à travers le Programme de développement du secteur financier (PDESFI), en partenariat avec l’IFC et CIWA.
Credit: (AIP)
Tad/kp
